Larry Gropnick, juif de classe moyenne dans l’Amérique des années 60, va
de déconvenues en déconvenues. Un frère envahissant, un divorce
difficile, des voisins irrespectueux, des enfants turbulents, menaces,
chantage, corruption et problèmes professionnels, rien ne lui sera
épargné. Au milieu de la tourmente, se sentant harcelé de toutes part et
pourtant toujours désireux de devenir un homme bien et persuadé que
tout cela a un sens, il se tourne vers trois rabbins afin de l’aider à
comprendre le message que Dieu lui envoie. Tout en finesse et en
drôlerie, le terrible constat semble s’imposer : de sens, il n’y en a
aucun.
Un film des frères Coen, on l’attend toujours avec une
certaine impatience, avide de découvrir ce qu’ils nous réservent. Malgré
le fil rouge clairement identifiable dans chacun de leurs films, on
sait à quoi s’attendre, et pourtant on est toujours surpris.
Ce
dernier opus ne déroge pas à la règle et aurait même tendance à la
surpasser. D’un côté on a bien ce personnage central, paumé et
insignifiant, qui en essayant de s’élever au-dessus de sa condition,
s’attire à peu près toutes les tuiles imaginables et finit plus bas
encore qu’il n’avait commencé. On a aussi cet humour acide et on
retrouve ce talent à nous faire rire des personnages sans jamais
réellement se moquer. Pourtant, on s’éloigne de leurs habitudes car
cette fois notre héros, submergé par les déconvenues, est taraudé de
questions et interroge sa religion, sa foi et son Dieu afin de
comprendre ce grand mystère qu’est le sens de la vie.
Cela donne un
film très noir, d’une noirceur si différente de leur No Country for Old
Men et pourtant tout aussi désabusé, tout aussi acide.
La fin,
encore plus que d’habitude, est déroutante. On s’attend a quelque
apothéose, à quelque réponse ou ligne directrice, et l’on aura rien de
tout cela. Une façon sans doute d’insister sue ce manque de sens et sur
la vanité de toutes choses.
Ce film, très abouti, me semble le plus
personnel de leur filmographie, probablement accentué par le côté
religieux et la période, que l’on peut imaginer inspirés de leur
enfance.
1967. Larry Gopnik, professeur de physique dans une petite université du
Midwest, vient d'apprendre que sa femme Judith allait le quitter. Elle
est tombée amoureuse d'une de ses connaissances, le pontifiant Sy
Ableman. Arthur, le frère de Larry, est incapable de travailler et dort
sur le canapé. Danny, son fils, a des problèmes de discipline à l'école
hébraïque, et sa fille Sarah vole dans son portefeuille car elle a
l'intention de se faire refaire le nez. Pendant ce temps, Larry reçoit à
la fac des lettres anonymes visant à empêcher sa titularisation, et un
étudiant veut le soudoyer pour obtenir son diplôme. Luttant
désespérément pour trouver un équilibre, Larry cherche conseil auprès de
trois rabbins. Qui l'aidera à faire face à ses malheurs et à devenir un
mensch, un homme bien ?