Des Hommes sans Loi, John Hillcoat (2012)


En 1931, la prohibition est en place aux Etats-Unis et c'est une police corrompue jusqu'à la moelle qui est chargée d'appliquer la loi. En face d'elle, des bandes de traficants s'organisent pour déjouer ses pièges et tirer leur épingle du jeu.
C'est ce que tentent de faire les frères Bondurant, dont le petit trafic familial mais efficace ne suffit plus au cadet, Jack. Il veut mener grand train ; la fortune et la gloire, et surtout séduire la fille du pasteur. Jeune et impulsif, il entre de plein pied dans une lutte sans merci avec la police, plus cruelle et retorse que jamais. Entre idéaux  bafoués, liens familiaux et quête d'un bonheur simple qui semble pourtant presque hors de porté, leur histoire deviendra légende.

C'est du moins la manière dont c'est présenté, puisque le film est inspiré d'un livre, dans lequel l'u des descendants de la famille Bondurant raconte l'histoire, vraie, de ses aïeuls.

Le récit s'attache ainsi tout naturellement à ses personnages, et c'est ce qui en fait la force. Les Bondurant sont en effet haut en couleur et leur portrait est soigné, par un Hillcoat que l'on sent séduit.
La lutte de pouvoir des petits contre l'ordre établi et l'autorité est un fait historique avéré et digne d'intérêt. Mais malgré d'indéniables qualités de construction et de mise en scène, on peine à se passionner pour cette lutte d'égo, pleine de rage et de sang. De même, les personnages, qui sont au centre du récit, ont beau être campés par un casting formidable, à force de péripéties, leur sort finit par nous être indifférent.

Des hommes sans loi, c'est une machinerie efficace et soignée, sans réel défaut majeur, mais à laquelle il manque ce petit souffle, cette étincelle qui embrasera l'écran et le spectateur avec.


★★

Des hommes sans loi, de John Hillcoat (sortie le 12 septembre 2012)
Avec Shia LaBeouf, tom Hardy, Jason Clarque, Jessica Chastain, Guy Pierce, Gary Oldman - USA - 1h55
 
En bref :
Acteurs charismatiques pour des personnages sans saveur ; mise en scène soignée mais plan-plan pour une histoire insignifiante. C'est fade.

Une cinéphile

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire